Injonction : un répit pour des centres de consommation supervisée, mais sans garanties
Des gens qui soutiennent une dizaine de centres de consommation supervisée de drogue se réjouissent de l'injonction interlocutoire accordée vendredi par un juge. La décision n'assure toutefois pas leur survie à long terme, d'autant plus que le gouvernement Ford demeure ferme et refuse de financer la poursuite de certaines de leurs activités. C’est son organisation qui conteste la constitutionnalité de la nouvelle loi du gouvernement Ford qui force les centres situés près des écoles et des garderies à fermer. Elle estime que la loi contrevient notamment aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne garantis par la Charte canadienne. Cette injonction démontre que la cour se soucie des gens et qu’elle veut en arriver à la meilleure décision possible. La province obligeait les 10 centres de consommation supervisée à fermer ou à devenir des carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances, qui ne permettront plus la consommation de drogue sur place. Le service keepSIX du quartier Riverdale, qui avait fait la manchette à la suite de la mort d’une mère de famille atteinte d’une balle perdue, est déjà fermé alors que le personnel se prépare à le transformer en carrefour d’aide. En dépit de l’injonction accordée, le gouvernement a affirmé vendredi que la transformation de centres de consommation en carrefour d’aide à partir de mardi se poursuivait comme prévu. L'avocat Selwyn Pieters représente le Black Legal Action Centre, qui a un statut d'intervenant dans cette cause. Photo : Radio-Canada Ce que le gouvernement doit comprendre, c’est que la cour ne dispose pas d’une armée pour faire appliquer ses décisions, mais elle peut décréter qu’il y a outrage au tribunal et il y a le pouvoir de l’opinion publique. Le centre du Neighbourhood Group, qui n’est pas financé par la province, a l’intention de maintenir ses services de consommation supervisée. Le juge accordera une période de 30 jours, une fois qu’il aura rendu sa décision sur le fond de la question. Bill Sinclair est conscient que d’autres centres avaient entrepris leur transformation en carrefour d’aide. Il croit que l’injonction donne la possibilité aux centres France Gélinas fait valoir que le service de consommation supervisée est France Gélinas dénonce la décision du gouvernement de retirer son financement en dépit de l'injonction. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Olivier Plante Dans ma communauté, c’est deux personnes par semaine qui meurent, toutes les semaines [...] Si tu demandes aux pompiers, aux ambulanciers, ce sont des douzaines de cas de surdose tous les jours. Elle estime que le gouvernement n’a pas à décider du plan de traitement d’un patient et pense qu’il exploite les préjugés qui entourent les problèmes de santé mentale et de dépendance pour déterminer quels services peuvent ou non être offerts. Tout comme France Gélinas, Bill Sinclair accueille favorablement les ressources supplémentaires promises par la province lors de l’annonce de la création des carrefours d’aide. Il croit qu’il y a de la place pour les centres de consommation supervisée et pour les carrefours d’aide. Avec les informations de Sarah TomlinsonNous sommes très heureux et reconnaissants que la cour ait décidé que nous pouvons demeurer ouverts alors qu’elle examine le mérite de cette cause qui est très complexe
, affirme Bill Sinclair, PDG de The Neighbourhood Group Community Services, qui gère un centre d’injection depuis huit ans dans le quartier Kensington Market de Toronto. Des services qui ne seront pas financés
Le financement provincial [des carrefours] ne peut pas être utilisé pour les services d’injection de drogues et sera conditionnel au fait que l’organisation ne cherche pas à continuer à offrir ces services
, a-t-il prévenu.
La cour a été très claire. C’est le statu quo, donc rien ne change
jusqu’à ce qu’une décision soit rendue, affirme l’avocat Selwyn Pieters, qui représente le Black Legal Action Centre, qui a un statut d’intervenant dans cette cause.de déterminer ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire
.Ces centres-là, sans le financement, ça va être difficile de les garder ouverts. C’est pas des centres qui sont assis sur des millions de dollars de dons
, constate France Gélinas, porte-parole du NPD en matière de santé à Queen’s Park.Des besoins criants
un bon plan de traitement pour beaucoup beaucoup de personnes qui ont des problèmes de dépendance
et qui ne sont pas prêtes à cesser immédiatement d’utiliser la drogue.
Plus de médecins, plus d’infirmières, plus de traitements, plus de logements : ce sont des choses que, collectivement, nous demandons depuis longtemps.
Espérons que le gouvernement comprenne que ses objectifs de sécurité publique et ceux de prévention des décès vont de pair
, conclut l’avocat Selwyn Pieters, qui estime que le système des centres de consommation fonctionne et contribue à la sécurité du public.
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